Filtrage et piratage > Vive polémique entre l’Hadopi et les maisons de disques

NewZilla.NET juil 6 2011 - 5:44 par Philippe CROUZILLACQ

Dans les rédactions spécialisées, Marc Guez, le directeur général de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP)* est ce que l’on appelle « un bon client ».

Une interview avec lui est toujours gage de bons mots, de vraies fausses confidences et de petites phrases assassines distillées sur le ton de la bonhommie.

La dernière interview de Marc Guez publiée à la fin du mois de juin et réalisée par le journaliste Christophe Guillemin, ne déroge pas à la règle.

Le directeur général qui estime apparemment que les résultats obtenus par l’Hadopi (la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) dans la lutte contre le piratage de contenus culturels sont insuffisants, se lâche.

Nouveaux logiciels de filtrage

Il explique en substance que si rien ne change, de nouveaux logiciels de filtrage pourraient très bien faire à l’avenir ce que l’Hadopi ne parvient pas à faire aujourd’hui.

Extraits : « Nous travaillons pour cela sur des logiciels de filtrage qui pourront être installés dans les entreprises ou sur l’ordinateur familial. Notez qu’il s’agit donc d’un filtrage volontaire. Ces outils sont développés par des entreprises spécialisées auxquelles nous fournissons une liste des fichiers illicites présents sur le Net. Notre base est plus fournie que celle de la Hadopi, qui est limitée à 10 000 titres, conformément aux engagements pris envers la Cnil. La nôtre compte ainsi plus de 30 000 titres et ne cesse de s’étoffer. Nous espérons que ces outils seront commercialisés rapidement ».

La réplique de l’Hadopi et par extension celle de l’Etat lui-même ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué l’Hadopi rappelle que « les efforts considérables des Pouvoirs Publics » (dans la lutte contre le piratage) « commencent à porter leurs fruits ».

Sécurité des réseaux et la protection de la vie privée

Plus loin l’Hadopi «  invite les métiers de la création à se concentrer sur la partie qui leur incombe, à savoir le développement encore plus rapide d’offres légales complètes, financièrement raisonnables, et répondant aux attentes des utilisateurs. »

Enfin l’Hadopi tacle également assez sèchement les maisons de disques en rappelant à qui veut l’entendre que « la conception et le déploiement de technologies de filtrage sont des questions hautement complexes et sensibles de nature à atteindre la neutralité, la sécurité des réseaux ou encore la protection de la vie privée. C’est la raison pour laquelle l’Hadopi ne pourrait que déconseiller aux utilisateurs de recourir à des solutions de reconnaissance des contenus et de filtrage réalisées en dehors du cadre légal ».

* Le 16 juin la SCPP, d’autres sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur, et la société TMG, ont été mis en demeure par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) de respecter et de faire respecter la loi «Informatique et Libertés» dans le cadre de la mise en oeuvre du dispositif dit de «réponse graduée». Un dispositif destiné à lutter contre le piratage de contenus culturels sur Internet.

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  1. oxomars 9 avril 2012 at 5 h 05 min -

    Tous les procédés de « protection » n’ont jamais tenus longtemps. Les bluffs sont nombreux et seul le procédé qui consiste à obtenir l’agrément d’un serveur avant toute écoute préalable d’un titre numérique pourrait, à la rigueur, fonctionner. Compte tenu des moyens technique nécessaire à sa mise en oeuvre, les pirates ont encore de beaux devant eux.

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