Blue Coat Systems, des SpyFiles de WikiLeaks à la Syrie de Bachar el-Assad

NewZilla.NET déc 6 2011 - 5:58 par Philippe CROUZILLACQ

La récente publication par WikiLeaks, reprise en France par le site Owni.fr, de 287 documents baptisés SpyFiles, jette une lumière drue sur un monde parallèle, le plus souvent ignoré du grand public, celui de la surveillance des communications électroniques.

Un marché à 5 milliards de dollars (excusez du peu), où nombre de sociétés (170 sont mentionnées dans les SpyFiles de WikiLeaks) naviguent en eaux troubles et font parfois affaire avec des clients bien peu recommandables.

On citera Amesys, la filiale du groupe dont la technologie fit les belles heures de l’espionnite aigue qui frappait le régime kadhafiste et ses dissidents politiques.

Bachar el-Assad, toujours à l'écoute de son peuple...

On retiendra également Blue Coats Systems, dont la technologie de surveillance n’en finit pas d’échouer dans de mauvaises mains, sans qu’officiellement les dirigeants de cette société basée à Sunnyvale dans la Silicon Valley, ne soient en mesure d’apporter une quelconque explication cohérente.

Neutraliser les dissidents

Ainsi, les Spyfiles de WikiLeaks mentionnent-elles que « Blue Coat, aux USA, et Ipoque en Allemagne vendent des outils aux gouvernements de pays comme la Chine et l’Iran pour empêcher que les dissidents ne se fédèrent par Internet. »

Mais c’est avec la Syrie et le régime humaniste de Bachar el-Assad, qui selon l’ONU a déjà massacré plus de 4000 personnes, que les aléas technologiques de Blue Coat Systems ont pris leur véritable dimension sur le Web.

Telecomix

Il y a quelques mois Telecomix un groupe décentralisé d’activistes du Net, engagés en faveur de la liberté d’expression (dixit Wikipedia), publiait plus de 50Go de fichiers log issus des dispositifs de surveillance Blue Coat Systems. Du matériel utilisé par le régime de Damas pour contrôler l’accès Internet dans le pays et repérer les « fauteurs de troubles ».

De Dubai à Damas

Malaise, car officiellement, les Etats-Unis ont interdit de vendre autre choses que de la nourriture et des médicaments à la Syrie de Bachar el-Assad.

Selon le Wall Street Journal, à la fin de l’année 2010 Blue Coat Systems aurait transporté des systèmes de sécurité et de surveillance jusqu’à Dubai dans l’intention de les vendre aux autorités irakiennes.

Massacre en Syrie

Mais apparemment certains de ces systèmes auraient été détournés vers la Syrie où les services de renseignements les utiliseraient aujourd’hui pour surveiller la population sur le Net.

Marché noir ? Mise en vente sauvage sur eBay ? Officiellement, après en avoir nié la présence, si Blue Coat Systems a bien reconnu que sa technologie était maintenant dans les mains du régime de Damas.

Mais un responsable de la société affirmait encore fin octobre à l’AFP qu’il ignorait comment cette technologie avait pu changer de mains.

Comble de malchance, la technologie de surveillance de Blue Coat Systems a trouvé le chemin de Damas...

Avançons un argument de poids, le sort qui s’acharne, la faute à pas de chance, quelque erreur d’inattention, voire une forte propension à prendre le public et les médias pour des imbéciles.

A Washington, intrigués par ces transferts de technologie pour le moins inopportuns, des sénateurs démocrates ont écrit à la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et réclamé l’ouverture une enquête.

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