Des dizaines de milliers d’européens manifestent contre l’accord ACTA

Par Philippe CROUZILLACQ le fév 11th, 2012 . Classé dans Breaking News, Grand Angle. RSS 2.0.

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Sur le papier, la signature le 26 janvier dernier à Tokyo par les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Singapour, la Corée du Sud, le Maroc, le Mexique et la Suisse, et 22 des 27 pays membres de l’Union européenne de l’ACTA, est une mauvaise nouvelle pour les mafias, triades et autres réseaux organisant la contrefaçon à l’échelle de la planète.

Cependant, leurs activités étant ce qu’elles sont, il est rare que ces organisations descendent dans la rue pour protester contre un accord international.

L’ACTA est un texte destiné à lutter contre la contrefaçon de manière très large, depuis les médicaments et autres marchandises, jusqu’au téléchargement illégal sur l’Internet.

Et pour des dizaines de milliers d’internautes et de citoyens européens qui, pour beaucoup d’entre eux de bonne foi,  voient dans l’échange et le partage de fichiers sur Internet la dernière frontière de la liberté individuelle, c’est là que le bas blesse.

Aujourd’hui, en Europe, ils étaient donc des dizaines de milliers à braver le froid et à battre le pavé pour dénoncer par anticipation l’ACTA, et ses méfaits.

L’incontournable masque de Guy Fawkes

3000 personnes à Sofia, 10 000 à Berlin, 16 000 à Munich, 5 000 à Hambourg, 4 000 à Dortmund, 3 000 à Francfort, 3 000 à Dresde, 3 000 à Vienne 1 000 à Graz, 3 000 en Tchéquie, 600 à Vilnius, 1 000 à Paris, 450 à Lyon, 150 à Bayonne et 70 à Dijon, la manifestation de ce samedi 11 février parsemée comme il se doit d’Anonymous arborant courageusement un masque de Guy Fawkes, se voulait une démonstration de force.

Et sur ce point, l’objectif est atteint.

Quelques remarques et commentaires glanés par l’AFP au fil des cortèges éclairent les motivations des manifestants. « J’aime mon pays mais j’ai peur de mon gouvernement » (un slogan très vogue aux Etats-Unis du temps de l’administration Bush).

Des députés polonais du Mouvement Palikot derrière un masque de Guy Fawkes, le 26 janvier 2012, pour protester contre la signature par l'UE de l'ACTA

« Je ne nie pas qu’il faut payer les auteurs mais cela ne peut pas se faire au détriment de la vie privée et de la liberté de la parole » indique à Vilnius Mantas Kondratavicius au correspondant de l’AFP. « Si ACTA passe, l’interprétation des droits de l’homme et de la vie privée changera et il n’y aura plus moyen de faire marche arrière », ajoute le jeune manifestant.

«Ces intérêts commerciaux qui déforment les droits de l’Homme»

En Bulgarie, pays où les infractions au droit d’auteur et où le piratage sont légion (un terme cher aux Anonymous) les opposants au texte affirment que « le but d’ACTA est de combattre les infractions au droit d’auteur sur internet, mais en réalité, il va en résulter une censure dans le dernier véritable espace de liberté ».

Enfin, on retiendra également l’opinion de Maya Nikolova, 27 ans qui explique les raisons pour lesquelles elle a décidé de descendre dans la rue ce samedi 11 février. « Je suis ici, car je suis opposée à la censure sur Internet, aux tentatives de limiter la liberté d’accès à l’information et je suis contre les intérêts commerciaux qui déforment les droits de l’Homme ».

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