Zynga > La Bourse ne joue plus

NewZilla.NET juil 26 2012 - 5:33 par Philippe CROUZILLACQ

Zynga, les jeux sont faits, rien ne va plus. Mercredi 25 juillet, l’éditeur de jeux sociaux (dont FarmVille) a vu son action perdre près de 40% de sa valeur à Wall Street, suite à la publication de résultats financiers décevants.

Zynga a entrainé dans sa chute son partenaire historique, Facebook, l’action du réseau social affichant un recul de 7,81%.

Après avoir fait crédit à Zynga (115 employés, 860 millions de dollars de levées de fonds) de son modèle économique basé sur les jeux sociaux « freemium », les investisseurs demandent maintenant des résultats qui ne sont pas, loin s’en faut, au rendez-vous.

Introduite en décembre 2011 à 10 dollars, l’action Zynga ne valait plus hier en clôture que 3,13 dollars.

Au second trimestre, l’éditeur a en effet enregistré une perte nette de 23 millions de dollars, et publié un chiffre d’affaires moins haut qu’escompté (à 332,5 millions contre les 344 millions de dollars attendus).

Introduction en bourse de Zynga en décembre 2011

Le « modèle économique » de Zynga, c’est le « freemium », des jeux en accès libre, qui sont supposés faire vendre, l’addiction aidant, des biens immatériels (tracteurs, objets de décoration…) aux internautes accros et qui souhaitent progresser dans le jeu.

Cependant alors même que l’audience de Facebook, le partenaire historique de l’éditeur, ne cesse de progresser, le nombre d’utilisateurs de jeux Zynga reste stable à 247 millions de joueurs.

FarmVille en chute libre

Pire, la fréquentation des titres historiques de Zynga, à l’instar de FarmVille, sont en chute libre. FarmVille ne compte plus aujourd’hui que 18 millions d’utilisateurs mensuels contre 80 millions en 2010.

La faute, selon l’éditeur, à une concurrence de plus en plus vive, mais aussi à Facebook dont les nouveaux algorithmes mettraient en avant les nouveautés plutôt que les « poids lourds » du réseau social.

Certains analystes interrogés par le New York Times vont même jusqu’à remettre en cause le « modèle économique » de la société.

FarmVille, à partir de 4 ans...

« Les gens vont finir par arrêter de dépenser de l’argent dans des biens immatériels. Ils préfèrent acheter des choses bien réelles », explique l’un d’entre eux tandis que le site d’analyse financière 247WallSt.com, anticipe sur « la mort de Zynga », et estime tout ceci est « la preuve indiscutable que les jeux freemium ne sont qu’une perte de temps ».

Mais au-delà de résultats financiers décevants, Wall Street sanctionne aussi une stratégie d’acquisition et de diversification jugée hasardeuse, un grand classique de l’économie Internet.

« Facebook-dépendance »

A commencer par le récent achat pour près de 200 millions de dollars du studio OMGPOP, créateur de l’application Draw Something, étoile filante du réseau dont le nombre de téléchargements mensuels, après un engouement bien réel de la part des internautes, est passé de 50 millions à 17 millions, selon Appdata.

Zynga a récemment annoncé son intention de mettre un terme à sa « Facebook-dépendance ».

Une stratégie en trois points : le lancement fin juin de « Zynga with friends », une tentative de réseau social permettant aux joueurs de créer leurs propres communautés, la création des « Zcoins », une vraie-fausse devise propre à la marque Zynga, et enfin la mise en boite, c’est à dire la commercialisation physique, via un partenariat avec le géant du jeu de société Hasbro, d’une déclinaison de FarmVille (FarmVille Memory) destiné à séduire, les joueurs de 4 ans et plus…

Difficile de dire si ces revirements stratégiques seront de nature à rassurer des investisseurs aujourd’hui plus que sceptiques sur l’avenir de l’entreprise.

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