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La Chine impose la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux

Voilà qui devrait apporter quelque réponse à tous les beaux esprits qui se posent des questions sur la gouvernance de l’Internet et la mainmise technologique des Etats-Unis sur le réseau mondial.

 

Le Congrès national du peuple chinois a adopté, vendredi 28 décembre, la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux du pays, rapporte l’agence officielle Chine nouvelle. En pratique tous les internautes auront obligation de fournir leur véritable identité à leur fournisseur d’accès Internet. Ainsi que leur numéro de téléphone portable, au cas où les autorités souhaiteraient les interroger.

Jusqu’à présent seuls les internautes des cinq grandes villes du pays: Pekin, Shanghai, Canton, Shenzen et Tianjin, devaient en passer par cette procédure.

Pour le pouvoir communiste dont la presse occidentale a révélé récemment qu’il était contrôlé par huit grandes familles, l’objectif est de tuer dans l’oeuf toute contestation politique sur les réseaux sociaux, à commencer par la plate-forme de micro-blogging favorite des chinois, Weibo. Finie donc la dénonciation de la corruption. Enterrés les désirs de réforme. La “Grande Muraille Informatique” (“Great Firewall”) a de beaux et tristes jours devant elle.

Beidou, le GPS chinois est lancé

Beidou (littéralement “La Grande Ourse” en chinois) à ne pas confondre avec Baidu, le moteur de recherche le plus prisé de l’Empire du Milieu.

 

Beidou, le premier système de navigation satellitaire chinois est opérationnel depuis le jeudi 27 décembre. Cette mise en service commerciale ne concerne pour l’heure que la zone Asie-Pacifique. Beidou, qui a vocation à terme à concurrencer le GPS américain et le très hypothétique futur Galileo européen, devrait couvrir l’ensemble de la planète à l’horizon 2020 a expliqué Ran Chengqi, porte-parole du Bureau chinois pour la navigation satellitaire au China Daily.

Avec Beidou, fruit d’un  programme démarré en l’an 2000, la Chine cherche avant tout à se défaire de la dépendance technologique du GPS américain. Un enjeux militaire et stratégique majeur pour le pays.

Cependant pour l’Australien Morris Jones, un spécialiste indépendant des technologies spatiales cité par LePoint.fr, Beidou aura du mal à s’imposer face à son concurrent US. Pour la Chine, avance-t-il, l’utilité de Beidou est avant tout militaire.

“C’est l’hypothèse que l’accès au (réseau) GPS leur soit coupé qui encourage les autres nations à développer leurs propres systèmes, hors du contrôle américain”, estime-t-il.

Quand l’audience fait de la gonflette sur YouTube

 

Sur Internet, les chiffres d’audience n’engagent que ceux qui les croient. Et sur YouTube en cette fin d’année 2012 la chasse aux faux visionnages est ouverte.

 

La plate-forme de vidéos en ligne, filiale de Google, a décidé de faire la guerre aux chaînes qui sont soupçonnées de “gonfler” artificiellement leur audience. La pratique consiste à acheter à très bas prix, par dizaines ou centaines de milliers de “fausses pages vues” sur des sites peu recommandables.

Cette vraie-fausse audience étant générée par des petites mains exploitées au bout du monde ou, le plus souvent, par des “bots”, des agents logiciels automatiques ou semi-automatiques qui interagissent avec des serveurs informatiques, et qui eux n’ont vraiment rien d’humain.

Les mêmes pratiques frauduleuses existent également pour Twitter, et Facebook. Certains médias (de renom) ou grandes marques peu regardantes, n’hésitant pas à tricher allègrement sur leur notoriété réelle (qui si elle était mise au jour ferait fuir bien des annonceurs, et de clients), en achetant des milliers de faux fans sur Facebook et de “followers” sur Twitter.

2 milliards de vidéos vues parties en fumée

Conséquence directe de cette nouvelle politique, YouTube a arbitrairement décidé cette semaine de diminuer de manière drastique l’audience cumulée de certaines chaînes phares du service, note The Daily Dot. Ainsi la chaîne d’Universal a-t-elle été amputée d’un milliard de vidéos vues, celle de Sony/BMG a perdu la quasi-totalité de son audience quand RCA Records, a du encaisser une diminution de 159 millions de pages vues dans ses statistiques, relève le site The Daily Dot.

Les chaînes d’artistes comme Britney Spears, Chris Brown, Beyoncé, Avril Lavigne, ou Michael Jackson sont aussi touchées.Au total, prés de 500 chaînes parmi les plus importantes de YouTube ont fait les frais depuis un mois de ce grand nettoyage hivernal.

PSY et son Gangnam Style "miraculeusement" épargnés

Sur les forums Google, certains internautes un peu désorientés, et dont les audiences et de facto les revenus publicitaires ont été affectés, ont dans un premier temps évoqué une “erreur” de la part de YouTube. «Ce n’est pas un bug ou une brèche de sécurité. C’est le renforcement de nos règles de comptage», leur a répondu un porte-parole de Google.

Pour YouTube, cette nouvelle bataille est en effet à la fois éthique et économique. Il s’agit avant tout d’envoyer un signal fort aux tricheurs potentiels. Mais paradoxalement, la filiale de Google a décidé de ne pas déboulonner la statue du mythe vivant du service, PSY et son Gangnam Style (1 075 987 013 de vidéos “officiellement” vues à ce jour).

Car si la “vidéo-la-plus-vue-de-tous-les-temps” comporte très certainement son lot de faux visionnages et de statistiques bidonnées, c’est aussi le symbôle qu’en partant de presque rien et en venant de nulle part, on peut passer du quasi-anonymat au statut de star planétaire. Et qu’avec YouTube tout devient possible…

Owni, c’est (presque) fini

Vie et (presque) mort d’un média en ligne. Triste nouvelle, Owni.fr, le site d’information fondé en 2009 par Nicolas Voisin, (ex-PoliTic Show et aujourd’hui Tactilize), a déposé son bilan le 21 décembre.

 

“Les juges du tribunal de commerce se prononceront début janvier”, a précisé le directeur d’Owni, Didier Adès, cité par l’AFP. Déclaration de cessation de paiement, accompagnée d’une procédure de mise en liquidation judiciaire, on ne donne malheureusement plus très cher d’Owni.

L'épisode WikiLeaks

Cet « Objet web non identifié » lancé en 2009  connu son heure de gloire grâce à sa collaboration mise en place avec WikiLeaks, en réalisant une application destinée à faciliter la diffusion des documents détenus par le site de Julian Assange.

En 2010 et en 2011, Owni avait remporté aux Etats-Unis le très prestigieux titre de meilleur site d’informations en ligne, en langue non anglaise décerné par l’association américaine de l’information en ligne (ONA).

Au printemps dernier, après des mois de tensions internes, Owni se séparait de son fondateur, Nicolas Voisin, désormais plus occupé à déveopper son nouveau projet Tactilize, une activité d’édition d’applications éditoriales pour iPad. Cette décision marquait assurément le début de la fin pour le site d’information.

"La dernière année a été horrible"

Le projet qui dès sa création souffrait d’une quasi-absence de modèle économique (le site sans publicité devait être financé pour partie par les activités de 22Mars, sa société éditrice, aujourd’hui renommée Tactilize), naviguait plus que jamais à vue.

De cette scission printanière naitra Owni SAS, avec à la barre de nouvelles têtes, Didier Adès, Guillaume Dasquier et un investisseur Eric Series, dont l’arrivée ne mettra pas fin aux dissensions en interne. “La dernière année a été horrible. Quand on nous l’a annoncé, rien n’a été opposé. C’était plutôt mettons fin à l’agonie”, a témoigné un journaliste, cité par l’AFP.

« On ne sait rien, on n’a aucune info sûre depuis six mois, regrette une salariée. La seule chose évidente, c’est qu’ils vont dégraisser côté journalistes, mais on ne sait pas dans quelle proportion. Et on ne sait rien du devenir d’Owni, à part cette histoire d’agence de vente d’applis », expliquait au début du mois un collaborateur à Libération. Aujourd’hui l’heure est à la clarification, une clarification qui risque de se faire à la hussarde et dans la douleur.

10 ans de prison pour avoir mis en ligne, et à nu, les charmes de Scarlett Johansson

Il risquait jusqu’à 121 ans de prison si les 26 charges d’accusation étaient retenues. Finalement, on peut dire que Christopher Chaney s’en tire plutôt bien. Cet américain de 36 ans vient d’être condamné à 10 ans de prison et 76 000 dollars de dommages et intérêts.

L’homme, “expert informatique” de son état, s’était introduit frauduleusement dans les comptes de messageries électroniques de plus d’une cinquantaine de stars hollywoodiennes parmi lesquelles Scarlett Johansson, Mila Kunis, Christina Aguilera et Renee Olstead.

Christopher Chaney, le “hacker des stars”

Christopher Chaney aurait pu s’arrêter là…mais il a poussé le bouchon un peu plus loin en diffusant des photos de Scarlett Johansson nue sur Internet. L’affaire avait défrayé la chronique et provoqué un vent de panique à Hollywood.

"J’ai eu tort"

«Je sais que ce que j’ai fait constitue probablement la pire intrusion dans la vie privée qu’on puisse subir. Je ne cherche à fuir ce que j’ai fait. J’ai eu tort», avait alors expliqué Christopher Chaney dans un entretien accordé à la chaine locale Action News.

«J’ai commencé par curiosité et j’ai fini par devenir dépendant (au fait) de voir ce que les gens sur grand écran font en coulisse» (…) «j’étais presque soulagé quand (les policiers) sont arrivés et qu’ils ont pris les ordinateurs»Arrêté en octobre 2011 par le FBI après 11 mois d’enquête, Christopher Chaney va maintenant avoir tout le temps de méditer sur les notions de respect de la vie privée et de protection des données personnelles.