Revue de presse
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Monthly Archives: février 2013

Quand Xavier Niel fait fouiller l’ordinateur d’un universitaire

Xavier Niel, patron de Free, co-actionnaire du quotidien Le Monde, et aujourd’hui en lice pour reprendre l’agence de photo Sipa Press, ne goûte que très peu la critique, qui pour lui relèverait même plutôt du “dénigrement”. Après avoir obtenu l’autorisation de la justice, l’homme a ainsi récemment fait fouiller l’ordinateur d’un universitaire, Bruno Deffains, professeur d’économie à l’université de Paris-II Panthéon-Assas.

L’information est révèlée sur le site Internet du Nouvel Observateur (dont le propriétaire Claude Perdriel fut un candidat malheureux au rachat du Monde), sous la plume d’Odile Benyahia-Kouider (auteure du livre “Un si petit Monde” sur le rachat du quotidien du soir par le trio Xavier Niel, Pierre Bergé, Mathieu Pigasse).

En l’espèce, Xavier Niel reproche au chercheur d’avoir fait paraître le 11 juin 2012 dans le quotidien économique Les Echos un article intitulé “Free : quand l’idéologie de la concurrence dessert l’économie”. Article qu’il soupçonne d’avoir été “commandé par un tiers”, comprenez un concurrent de Free…Dans sa tribune Bruno Deffains affirmait en effet que la baisse totale du chiffre d’affaires dans le secteur des télécoms mobiles (opérateurs, équipementiers, etc.) provoquée par le lancement de Free Mobile – qu’il estime à 6,5 milliards d’euros – va entraîner la destruction nette de 55.000 emplois dans les deux années suivantes.

“Dans cette affaire, il y a une double instrumentalisation de la justice”, estime Me Thibault de Montbrial, avocat du défendeur, l’universitaire Bruno Deffains.“D’abord, il y a une tentative d’intimidation et d’isolement de mon client, qui vise à limiter ses interventions dans le débat public” explique-t-il au Nouvel Observateur. “Et puis cette saisie informatique non contradictoire permet à Free de mettre la main sur des documents confidentiels concernant ses concurrents !”

En novembre 2012 une journaliste des Echos avait récolté une mise en examen pour diffamation suite à une plainte déposée par Free Mobile, filiale d’Iliad, la société créée par Xavier Niel. Aujourd’hui, le patron de Free attaque pour dénigrement un universitaire qui ose tenir un discours critique à l’encontre de sa société. Drôle de (ou plutôt triste) conception de la liberté d’expression.

Streaming illégal / L’Hadopi au rapport

S’appuyer sur l’autorégulation, en clair faire (pour partie) confiance aux internautes, pour lutter contre les sites de téléchargement direct et de streaming illégaux…

 

C’est ce que préconise Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la commission de la protection des droits de l’Hadopi, dans un rapport remis lundi 25 février à Marie-Françoise Marais, la présidente de l’autorité administrative indépendante. Pour l’auteure du rapport “il n’y a pas de solution unique” pour lutter contre ce phénomène, “mais un ensemble de mesures cohérentes et complémentaires qui doivent être proportionnées”.

Le rapport propose de renforcer la répression contre les principaux responsables des contrefaçons, en élargissant les outils de sanctions aux sites de contenus ou de référencement qui “incitent de façon active” les internautes à ces pratiques illégales.

Les pistes envisagées visent aussi à “encourager la dynamique d’autorégulation déjà amorcée, en France et à l’étranger, par des acteurs de l’écosystème (à commencer par les hébergeurs de ces contenus illicites, les sites qui les référencent, les moteurs de recherche qui permettent à l’internaute de les trouver,et les fournisseurs d’instruments de paiement de type Paypal)”.

L’auteure propose d’aider ces acteurs à identifier les contenus et sites illicites pour qu’ils les déréférencent ou cessent de collaborer avec eux, en “rendant public un comportement fautif” via une “procédure d’alerte”, relève l’AFP. Ce rapport est disponible sur le site de l’Hadopi.

Avec Maximilien.fr, les marchés publics franciliens se dématérialisent

Maximilien.fr, “c’est un véritable service public d’intérêt régional qui est en train de naître. Un service qui participe à la réduction de la fracture numérique entre collectivités, qui fera office d’observatoire régional de l’achat public et qui associera les acteurs des secteurs économique et social en s’appuyant sur l’accompagnement et le réseau d’achat responsable”.

 

Michelle Sabban, vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France ne tarit pas d’éloges sur un projet pour lequel la première région du pays en terme d’activité économiqiue nourrit aujourd’hui de fortes ambitions.

10% du PIB

A terme, un outil comme Maximilien.fr devrait amener plus de transparence dans la commande publique. Une bénédiction pour les TPE-PME. Le sujet est d’importance car, même si l’on en parle peu, en France les marchés publics représentent 10 % du PIB.

Maximilien.fr

Sur Maximilien.fr (un groupe d’intérêt public, GIP, mis en place en 2012) les acteurs de la commande publique disposent de nombreux outils pour la recherche de plusieurs avis de marchés.

Ces outils regroupent des informations, des attributions, etc. Par ailleurs, un système d’alertes journalières informe les entreprises inscrites de la parution de nouveaux marchés publics.

ReDigi ou comment revendre ses vieux MP3

Que faire de ses “vieux” albums achetés sur iTunes? Aujourd’hui pas grand chose si ce n‘est les stocker sur son ordinateur.

 

ReDigi, une start-up fondée en 2011 dans la banlieue de Boston (et qui arrive cette année en Europe) pense avoir trouver la solution en créant une place de marché de revente de fichiers musicaux d’occasion.

Un concept dont la légalité et le bien-fondé échappent encore à certains. Ainsi, aux Etats-Unis ReDigi est-il poursuivi en justice par Capital Records pour violation de copyright. Mais la start-up voit plus loin et ambitionne désormais d’appliquer sa recette à la revente de livres numériques (e-books) d’occasion. Il faut redigidire que le modèle économique de ReDigi intrigue et que sa technologie ne doit rien au hasard.

Le modèle économique d’abord, pour la revente de livres numériques d’occasion ReDigi prélèverait un pourcentage du montant de la transaction, mais reverserait également aux éditeurs et aux auteurs un part de la vente.

Une formule déjà en place pour les ayants-droit qui touchent sur la revente de fichiers musicaux. La technologie ensuite. Pour éviter les fraudes ReDigi a développé un “moteur de vérification de contenus” qui vérifie si le bien numérique proposé à la revente (aujourd’hui des fichiers musicaux) a bien été acheté légalement.

Mais ce n’est pas tout, une application permet de garantir que le bien numérique acheté n’est pas porteur d’un quelconque virus susceptible de contaminer l’ordinateur de l’acquéreur.

Un système de synchronisation permet également de vérifier que le fichier numérique vendu est bel et bien effacé de l’ordinateur de son ex-propriétaire. Au-delà de la musique, et bientôt des livres numériques ReDigi s’intéresse aussi aux marchés potentiellement très lucratifs des des fichiers de logiciels et de jeux vidéo d’occasion.

YouTube fait son entrée dans le Hot 100 du Billboard

Après les diffusions en radio (ondes terrestres et streaming), après les ventes de titres (physiques ou numériques) Billboard magazine, dont le classement Billboard Hot 100 fait autorité outre-Atlantique, prend désormais en compte le nombre de visionnages d’une vidéo sur YouTube.

 

Une petite révolution. Ainsi cette semaine, la (nouvelle) sensation Harlem Shake se hisse de la 15e à la 1ere position du Hot 100.

Billboard

Stay de Rihanna bondit de la 57e à la 3e position. Et le hit planétaire de 2012 Gangnam Style en 2012 – passe de la 48e à la 26e place. En intégrant ainsi les données issus de YouTube le Hot 100 de Billboard s’adapte aux nouveaux modes de consommation de musique.

Reste à savoir dans quelle mesure Billboard parviendra à maîtriser les petits arrangements avec l’audience et les multiples vagues de vrais-faux visionnages qui pullulent désormais sur YouTube.