Revue de presse
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Monthly Archives: juillet 2015

Nokia et son drôle d’Ozo

Le groupe finlandais a présenté à Los Angeles son dernier projet, Ozo, une caméra toute entière dédiée à la réalité virtuelle.

 

nokia-ozoHuit capteurs synchronisés, huit micros, pour produire une image vidéo stéréoscopique et en 3D. Voici Ozo, la dernière née de chez Nokia, pour faire de l’audio et de la vidéo à 360 degrés.

Avec ce device destiné avant tout aux professionnels de l’image (d’où sa présentation en exclusivité mondiale à Los Angeles et donc à Hollywood), Nokia entend faire une entrée remarquée dans le monde de la réalité virtuelle (VR).

Un logiciel spécialisé permettra aux utilisateurs de visionner les images 3D en temps réel et non plus comme cela pouvait être le cas jusqu’à présent en léger décalage après avoir créer un effet 3D en assemblant plusieurs images.

Ozo, qui est encore en phase de pré-production sera fabriquée en Finlande. Son prix (qui devrait être logiquement assez élevé) n’est pas encore connu et sa commercialisation devrait débuter cet automne.

L’Allemagne dit OUI aux pseudonymes sur Facebook

Selon l’autorité en charge de la protection des données personnelles, basée à Hambourg, Facebook ne peut bloquer le compte d’une internaute qui utiliserait un pseudonyme, et encore moins remplacer arbitrairement ce pseudonyme par le vrai nom de la personne.

 

Nouveau revers juridique pour Facebook en Europe. Il y a quelques semaines le pendant belge de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait engagé des poursuites judiciaires contre Facebook, mettant en cause la façon dont le réseau social “traçait” l’activité de ses utilisateurs.

Aujourd’hui, c’est à l’équivalent allemand de la CNIL de prendre le relais. L’autorité en charge de la protection des données personnelles pour le land de Hambourg avait reçu une plainte d’une internaute utilisant un pseudonyme pour son compte Facebook. Mal lui en avait pris puisque Facebook lui avait bloqué son compte, avant de lui demander copie d’une pièce d’identité et de remplacer arbitrairement le pseudonyme qu’elle utilisait par son vrai nom.

Atteinte à la vie privée

La CNIL allemande a estimé que forcer quelqu’un à révéler son vrai nom constituait une atteinte à la vie privée de la personne concernée. En l’espèce cette internaute avait opté pour un pseudonyme pour ne pas être sollicitée par des contacts professionnels.

“L’utilisation de vrais noms sur Facebook est un élément sécurisant les utilisateurs du réseau social. C’est pour eux la garantie de savoir exactement avec qui ils partagent des contenus et avec qui ils sont connectés”, a déclaré une porte-parole de Facebook, citée par Reuters. Une déclaration qui omet bien évidemment de préciser que l’une des pierres angulaires du modèle économique du réseau social repose sur le fait que ses membres agissent et interagissent sous leur véritable identité.

Basé en Irlande, Facebook a toujours considéré que seule la législation irlandaise lui était opposable. Et bonne pioche, la CNIL irlandaise avait estimé en décembre 2011 que l’interdiction de l’utilisation des pseudonymes par Facebook était tout à fait justifiée. Une position que l’Allemagne vient aujourd’hui de remettre en cause avec fracas.

En Turquie, Vodafone lance une application pour lutter contre les violences conjugales

Easy Rescue permet aux femmes victimes de violences conjugales de prévenir les autorités en secouant simplement leur smartphone.

 

easy-rescue-app-vodafone-domestic-violence-violence-conjugale-turquie-turkeyPas facile de composer un numéro d’urgence quand on est une femme et que l’on se fait agresser, dans la rue ou (pire) à son domicile par son mari ou un membre du cercle familial.

En Turquie, pays où la violence conjugale ne relève (souvent) pas de l’exception, la proportion de femmes confrontées à ce type de situation est particulièrement inquiétante.

Selon une étude du ministère de la Famille et des Affaires sociales, 38% des femmes turques se sont déjà faites agresser par un membre de leur famille et 89% des victimes n’ont jamais porté plainte ou entamer de poursuites judiciaires à l’encontre de leur agresseur.

Pour essayer de changer la donne, l’opérateur de téléphonie mobile Vodafone Turkey vient de lancer une application, marketée de manière à ce qu’elle soit difficilement détectable par un public masculin.

easy-rescue-app-vodafone-domestic-violence-violence-conjugale-turquie-turkeyEasy Rescue, c’est son nom, permet en cas d’agression d’alerter les services de police, une hotline ou d’appeler une ambulance, non pas en composant un numéro de téléphone mais en secouant simplement son smartphone. L’application envoie alors un SMS et le lieu précis où se trouve la victime à trois personnes de confiance.

Plus de 250 000 femmes ont déjà téléchargé l’application et celle-ci a déjà été activée plus de 103 000 fois selon l’agence Y&R Team Red Istanbul, qui a récemment été récompensée pour la qualité de sa stratégie de communication autour du lancement de cette initiative.

Dot, une smartwatch pour les malvoyants

Cette montre connectée pour personnes aveugles ou malvoyantes sera commercialisée fin 2015 aux Etats-Unis et au Canada pour moins de 300 dollars.

 

Dot-montre-connectee-smartwatch-braille-malvoyantsUne startup coréenne a développé la première montre connectée pour malvoyants. Cette smartwatch Braille, baptisée Dot, devrait être disponible dès la fin de l’année 2015 sur le marché nord-américain (aux Etats-Unis et au Canada) pour moins de 300 dollars. Selon le cabinet Strategy Analytics, cette année, porté par les lancements successifs (et parfois en demi-teinte) de “devices” comme la Pebble ou l’Apple Watch, les ventes de montres connectées ont progressé de 457%.

Un chiffre impressionnant mais une évolution sans grande incidence pour la population malvoyante, 285 millions de personnes dans le monde selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), car la quasi-totalité des smartwatchs actuelles ne sont utilisables que par des personnes voyantes. Eric Ju Yoon Kim et Titus Cheng, deux anciens étudiants de l’Université de Washington aux Etats-Unis ont donc eu l’idée de développer la première montre connectée à destination des personnes non-voyantes ou malvoyantes.

1 à 100 caractères / seconde

Dot-montre-connectee-smartwatch-braille-malvoyantsEn guise d’écran, la Dot (qui, esthétiquement, ressemble plutôt à un bracelet connecté Fitbit), intègre quatre rangées de six points qui permettent de lire ou d’écrire simultanément jusqu’à 4 signes Braille. Et selon la dextérité de l’utilisateur la vitesse de frappe peut varier de 1 à 100 caractères par seconde. Côté autonomie, avec une durée de vie d’une dizaine d’heures pour la batterie et un rechargement en moyenne tous les cinq jours, c’est peu de dire que le Dot n’a rien à envier à l’Apple Watch.

“Jusqu’à présent, quand vous receviez un message de votre petite amie sur iOS, par exemple, vous étiez obligé d’écouter Siri, vous le re-transmettre souvent à voix haute, intelligible et impersonnelle. (…) Maintenant quand votre montre Dot est connectée en Bluetooth à un autre device, vous pouvez récupérer du texte d’autres applications, comme iMessage, par commande vocale, et écouter tout cela comme bon vous semble”” Eric Ju Yoon Kim.

10 000 exemplaires

La startup de Kim et Titus a vu le jour à Séoul (Corée du Sud). Elle a déjà levé 600 000 dollars, auprès de l’accélérateur ActnerLab et du TIPS (Tech Incubator Program for Startup), une initiative du gouvernement sud-coréen. Elle cherche à lever de nouveau un million de dollars. Pour sa première phase de commercialisation, en Amérique du Nord en décembre prochain, la Dot devrait être disponible à 10 000 exemplaires.

Meetic, Attractive World, Adopte un mec… La CNIL met en demeure treize sites de rencontres

Plusieurs contrôles menés par la CNIL ont révélé des manquements majeurs à la loi Informatique et Libertés, concernant notamment le traitement d’informations sensibles fournies par les clients (pratiques sexuelles, données relatives à la vie privée, origines ethniques, opinions politiques…).

 

Quelques jours après le piratage spectaculaire de la base de données (et des informations personnelles des 37,5 millions de membres) du site de relations extra-conjugales AshleyMadison.com, on reparle (et pas forcément en bien) des sites de rencontres.

Cette fois-ci c’est en France que cela se passe. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), qui compte parmi ses principales missions la protection des données personnelles vient de mettre en demeure 13 sites de rencontres : Meetic, Attractive World, Adopte un mec, Easyflirt, Rencontre obèse, Destidyll, Forcegay, Mektoube, Jdream, Feujworld, Marmite love, Gauche rencontre et Celibest.

“De plus en plus de Français se rendent sur les sites de rencontres. La plupart de ces sites offrent à leurs utilisateurs une recherche de partenaires très ciblée : par communauté sociale, ethnique ou religieuse, par localisation géographique, en fonction de l’apparence physique, des pratiques sexuelles ou des opinions politiques, etc. Le nombre important des utilisateurs ainsi que la quantité des données traitées et leur sensibilité ont conduit la CNIL à inscrire les sites de rencontre dans son programme annuel des contrôles pour 2014”, indique la CNIL dans un communiqué.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que les agents de la CNIL ne se seront pas déplacés pour rien. Car les contrôles effectués ont révélé “de nombreux manquements” à la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978. Voici un florilège de ces mauvaises pratiques.

Trois mois pour rectifier le tir

Des sites qui “ne recueillent pas le consentement exprès des personnes pour la collecte de données sensibles (par exemple : données relatives à la vie et aux pratiques sexuelles, aux origines ethniques, aux convictions et pratiques religieuses, aux opinions politiques)”. “Or, il est important que les internautes aient conscience de la protection attachée à ces données qui révèlent des éléments-clés de leur intimité”, note la CNIL.

Des sites qui “ne procèdent pas à la suppression des données des membres ayant demandé leur désinscription ou ayant cessé d’utiliser leurs comptes depuis une longue durée”… Des sites qui “mettent en œuvre des fichiers afin d’exclure des personnes de l’accès au service sans avoir procédé à des demandes d’autorisation auprès de la CNIL”… Ou bien encore des sites qui  “n’informent pas correctement les internautes de leurs droits (accès, suppression, rectification) ainsi que des conditions dans lesquelles des cookies sont déposés sur leur ordinateur.”

Résultat des courses, les huits organismes (TooDate.com, Samadhi SAS, NESS Interactive, GEB Adoptaguy, Phoenix Corp, Meetic SAS, LT Services et 2L Multimedia) responsables des treize sites de rencontre contrôlés, font aujourd’hui l’objet d’une mise en demeure de la part de la Présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin.

Ils ont trois mois pour se mettre en conformité sur les différents points évoqués. Sous peine de sanction.