Accueil / 2018 / juillet

Monthly Archives: juillet 2018

L‘Inde consacre de manière intangible le principe de neutralité du Net

 

Le pays qui vient de dépasser le cap des 500 millions de personnes connectées à Internet, vient d’adopter une nouvelle réglementation qui renforce le principe de neutralité du Net, c’est-à-dire de l’égal accès de tous aux contenus diffusés et partagés sur le réseau mondial.

 

C’est un revers de taille pour des groupes Internet comme Facebook, comme Google, ou comme l’opérateur de télécommunications présent sur le marché indien, Airtel.

Dans le droit fil des recommandations formulées à l’automne dernier par la Telecom Regulatory Association of India (l’équivalent local de l’autorité de régulation des télécoms -ART- pour la France), le gouvernement indien vient d’opter pour une ligne dure en matière de respect du principe de neutralité du Net.

Il interdit désormais au FAI (sous peine de lourdes pénalités financières) de discriminer ou d’interférer dans le traitement et la diffusion des contenus en ligne.

Interdiction donc pour eux de bloquer, de ralentir, de dégrader, voire de booster l’accès ou la connexion à tel ou tel contenu. 

Une politique qui va à l’encontre de la tendance qui prévaut aujourd’hui aux Etats-Unis, à Washington, au niveau de la FTC (l’agence fédérale américaine des télécommunications) qui sous la pression d’un très fort lobbying tant financier que politique cherche actuellement à remettre en cause ce principe qui compte parmi les règles fondatrices de l’utilisation de l’Internet.

Un revers pour Facebook et Google

La décision du gouvernement indien constitue a contrario une victoire pour les partisans et les défenseurs d’un Internet libre, mais aussi un revers pour un groupe comme Facebook.

Il y a quelques mois, poussé par un souci d’expansion et de développement à marche forcée de nouveaux marchés, le réseau social avait en effet suscité la polémique en Inde en lançant à la hussarde un programme baptisé Free Basics.

En apparence généreuse, cette initiative proposait un accès gratuit à Facebook et à quelques autres sites triés sur le volet tout en facturant l’accès au reste du réseau mondial.


Vous avez aimé cette information? Partagez-là avec vos amis, votre réseau ou votre communauté. Cet article vous a été utile? Il vous a rendu service? NewZilla.NET a besoin de VOUS. Vous pouvez nous aider en faisant un don sécurisé à partir de 1 euro. Cela mérite une explication. On vous dit tout ICI. Merci pour votre soutien et pour votre fidélité à NewZilla.NET.

Les embarrassantes déclarations de Mark Zuckerberg

 

Interrogé par le site d’information Recode, le co-fondateur de Facebook brandit l’argument du 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis (concernant la protection de la liberté d’expression) pour justifier la non-suppression par les équipes de Facebook ou celles de ses sous-traitants, de contenus ouvertement complotistes voire négationnistes. Malaise.

 

Comment expliquer que des contenus complotistes voire négationnistes (c’est-à-dire qui nie l’existence même de l’Holocauste) continuent à être diffusés en toute impunité sur Facebook?

Si l’influence culturelle et technologique de Facebook ne dépassait pas le périmètre des Etats-Unis, peut-être ne serait-on pas amené à se poser une telle question.

Interrogé cette semaine par le site d’information Recode le co-fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a fourni une explication qui peut laisser pantois de ce côté-ci de l’Atlantique.

Selon lui qu’ils soient complotistes ou négationnistes, ce type de contenus litigieux ne peut faire l’objet d’un blocage sur le réseau social, à l’exception de menaces directes formulées à l’encontre de personnes.

Le juteux business de la haine

On se pince, quand dans le même temps, les modérateurs se montrent si prompts à bloquer et à fermer certaines pages sur le réseau social au motif qu’elles se seraient aventurées à diffuser qui un bout de sein, qui le sulfureux tableau de Gustave Courbet, “L’origine du Monde”.

“Je suis juif, et il y a un groupe de gens qui nient que l’Holocauste ait eu lieu. Je trouve ça profondément choquant. Mais au bout du compte, je ne crois pas que notre plateforme devrait retirer ça parce que je pense qu’il y a des choses que différentes personnes comprennent mal. Je ne pense pas qu’ils les comprennent mal intentionnellement.” (…) “Si vous n’essayez pas d’organiser du mal contre quelqu’un ou n’attaquez pas quelqu’un, alors vous pouvez mettre votre contenu sur votre page”, s’est justifié Mark Zuckerberg.

Il y a quelques semaines encore, emporté alors dans la tourmente du scandale Cambridge Analytica, le co-fondateur de Facebook, avait assuré devant les parlementaires américains, que grâce au développement de l’intelligence artificielle, l’élimination des discours haineux sur Facebook pourrait prendre entre 5 et 10 ans.

Sur le réseau social, les producteurs de haine, dont le petit commerce assure indirectement en audience et en publicité de juteux revenus à Facebook, ont encore de beaux jours devant eux.


Vous avez aimé cette information? Partagez-là avec vos amis, votre réseau ou votre communauté. Cet article vous a été utile? Il vous a rendu service? NewZilla.NET a besoin de VOUS. Vous pouvez nous aider en faisant un don sécurisé à partir de 1 euro. Cela mérite une explication. On vous dit tout ICI. Merci pour votre soutien et pour votre fidélité à NewZilla.NET.

New York oblige Airbnb à communiquer les noms et adresses de ses “hôtes”

 

De son côté, le groupe Internet réagit en accusant la mairie de New York de corruption et en publiant une liste des membres du conseil de la mairie de New York qui auraient reçu des centaines de milliers de dollars en contributions de campagne de la part de l’industrie hôtelière.

 

A New York, cette ville où il est en théorie interdit de louer un logement entier pour moins de 30 jours dans un immeuble de plus de 3 appartements, l’étau se resserre sur Airbnb et sur les utilisateurs de cette plate-forme Internet.

Depuis le mercredi 18 juillet, Airbnb est en effet tenu de déclarer à la Ville de New York les noms et adresses de l’intégralité des hôtes proposant l’un des 52 000 biens disponibles à la location sur son site pour l’agglomération new yorkaise.

7500 dollars d'amende

A défaut, pour tout logement non déclaré à la mairie, le groupe Internet devra régler une amende dont le montant pourrait atteindre 1500 dollars.

Les “hôtes”, c’est-à-dire les internautes qui proposent leurs logements sur Airbnb s’exposeront par ailleurs à une amende pouvant atteindre 7500 dollars, pour toute diffusion d’une annonce illégale.

C’est la conséquence directe d’un décret publié cette semaine par la Ville de New York, un texte visant notamment à lutter contre les vrais-faux hôtes c’est-à-dire des investisseurs institutionnels qui cherchent à loueur de manière déguisée plusieurs logements à la fois sur Airbnb.

Une vision fictionnelle de l'économie collaborative

Une pratique très contestable, à des années-lumières du positionnement marketing du groupe Internet, qui se présente toujours, dans l’optique savamment entretenue mais de plus en plus fictionnelle de l’économie collaborative, comme un simple instrument de complément de revenus pour ses utilisateurs.

Airbnb n’a pas tardé à répliquer à l’annonce faite par la Ville de New York en accusant publiquement la mairie de New York de corruption et en publiant une liste des membres du conseil de la mairie dont les campagnes électorales auraient été financées à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars (pratique courante aux Etats-Unis) par l’industrie hôtelière.

Un paradoxe quand on l’on sait qu’Airbnb n’est pas non plus le dernier groupe Internet à investir massivement en terme de lobbying et à renforcer ses activités en matière de “relations institutionnelles”.

Notamment pour ce qui nous concerne de ce côté-ci de l’Atlantique, auprès de la Commission européenne.


Vous avez aimé cette information? Partagez-là avec vos amis, votre réseau ou votre communauté. Cet article vous a été utile? Il vous a rendu service? NewZilla.NET a besoin de VOUS. Vous pouvez nous aider en faisant un don sécurisé à partir de 1 euro. Cela mérite une explication. On vous dit tout ICI. Merci pour votre soutien et pour votre fidélité à NewZilla.NET.