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Twitter, Mastodon et liberté d’expression

Dans l’un des craquages dont il a le secret, le nouveau propriétaire du réseau social, le milliardaire Elon Musk, a décidé de suspendre le compte Twitter du réseau social open-source et logiciel de microblog auto-hébergé Mastodon. Décidément en grande forme l’apprenti autocrate qui interdit également désormais aux utilisateurs de Twitter de partager (en public comme en privé) des liens menant vers Mastodon.

A chaque jour suffit sa peine pour le journaliste, ou le blogueur, qui fait profession de suivre l’actualité du réseau social Twitter depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk.

Après la suppression arbitraire de plusieurs dizaines comptes automatisés de “flight tracking” qui permettaient de suivre en temps réel les trajets des jets privés de milliardaires (comme Mark Zuckerberg, Jeff Bezos ou Bill Gates), mais aussi celui d’Elon Musk lui-même, force est de constater que le nouveau propriétaire de Twitter ne se repose jamais.

Twitter
Crédit Photo / Alexander Chaton / Unsplash

 

On apprend ainsi aujourd’hui, qu’Elon Musk, qui officiellement se pare de tous les atours du libertarisme (ou libertarianisme) – cette idéologie (très américaine) qui repose sur l’idée que chaque être humain possède des libertés et droits fondamentaux – a décidé de suspendre le compte Twitter du réseau social open-source et logiciel de microblog auto-hébergé Mastodon.

Liberté d’expression de façade

Pire, diront certains esprits critiques, Elon Musk a également indiqué qu’il était désormais interdit aux utilisateurs de Twitter de partager (en public comme en privé) des liens menant vers Mastodon. En clair, il est donc désormais impossible de partager, de quelque manière que ce soit, les coordonnées de son compte Mastodon sur Twitter, ce qui en dit long sur la surveillance mise en place sur le réseau social depuis son acquisition par Elon Musk.

Mais ce n’est pas tout, car, il vrai qu’il aurait été dommage de s’arrêter en si bon chemin. Elon Musk, le même Elon Musk qui il y a quelques jours encore se faisait l’apôtre du “free speech” (c’est-à-dire de la liberté d’expression dans ce qu’elle a de plus absolue) vient de suspendre les comptes Twitter d’une douzaine de journalistes travaillant pour de grands médias américains (comme CNN, le New York Times, ou le Washington Post) qui couvraient jusqu’ici l’actualité d’un certain… Elon Musk.

Cette série de suspensions de comptes fait écho à des actions chaotiques sur Twitter depuis qu’Elon Musk en a pris le contrôle, comme le licenciement de plusieurs milliers d’employés, ou le rétablissement des comptes interdits, à l’instar de celui de l’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump.

Condamnation européenne

« Les nouvelles concernant la suspension arbitraire de journalistes sur Twitter sont inquiétantes » a réagi sur Twitter la vice-présidente de la Commission européenne aux valeurs et à la transparence, Vera Jourova.

La dirigeante européenne rappelle que la loi sur les services numériques s’appliquera dès l’été prochain aux entreprises de la tech à l’été, et « exige le respect de la liberté des médias et des droits fondamentaux » avant d’ajouter à l’endroit d’Elon Musk qu’il y a des lignes rouges à ne pas dépasser (et que des sanctions pourraient suivre).

« La liberté de la presse ne doit pas être activée et désactivée à convenance », a écrit de son côté le ministère des Affaires étrangères allemand sur Twitter.

« Le peuple a parlé. Les comptes ayant divulgué mes déplacements seront réactivés maintenant », a tweeté le nouveau propriétaire du réseau social.

Nouvelle volte-face de la part d’Elon Musk. Samedi 17 décembre 2022, le propriétaire de Twitter a simplement indiqué en un tweet laconique que les comptes des journalistes suspendus quelques heures plus tôt, allaient être très prochainement réactivés.

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