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Monthly Archives: août 2017

La Chine interdit les commentaires anonymes

Après avoir interdit l’utilisation de VPN (ces réseaux privés virtuels qui peuvent dans certains cas permettre de contourner la censure), après avoir obligé les médias chinois à héberger leurs contenus sur des serveurs informatiques locaux, la Chine met aujourd’hui en place l’interdiction de poster des commentaires en ligne de façon anonyme. 

 

En Chine, la bataille que mènent les autorités contre la liberté d’expression sur Internet ne connait aucun répit. Dernier épisode en date l’interdiction officielle de poster des commentaires en ligne dans le plus parfait anonymat.

Dorénavant, avant d’accepter de diffuser un commentaire, les gestionnaires de forums de discussion et autres groupes Internet devront obliger l’auteur dudit commentaire à décliner nom, prénom, âge et qualité. Et tout comportement suspect en la matière devra par ailleurs être signaler aux autorités, captures d’écran à l’appui.

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La mesure doit entrer en application au début du mois d’octobre. Elle s’annonce assez contraignante d’un point de vue technique notamment pour les plus petits acteurs de l’Internet, contraints de vérifier la véritable identité de leurs utilisateurs, en leur envoyant par exemple des SMS sur leurs téléphones mobiles.

En Chine, est considéré comme étant illégal un commentaire diffusant des rumeurs, une contribution qui présente un quelconque danger pour la bonne marche de l’ordre social, insultant la religion ou une personne en particulier, incitant à la haine, ou portant atteinte à l’image et à l’honneur du pays.

L’Estonie planche sur le lancement de l’Estcoin, sa propre crypto-monnaie

Nous avons vu récemment que le projet de navigateur Internet anti-pub Brave était parvenu à lever 35 millions de dollars en lançant le BAT, sa propre crypto-monnaie. Aujourd’hui l’Estonie (Etat membre de l’Union européenne) très en pointe sur les questions numériques souhaite faire de même en lançant l’Estcoin, sa propre crypto-monnaie nationale. 

 

Après l’e-residency, un dispositif qui permet de créer une entreprise en Estonie tout en n’étant pas présent sur le territoire estonien, c’est-à-dire qui permet notamment à des entrepreneurs résidant à l’extérieur de l’Union européenne* d’avoir une entreprise au sein de l’UE, de disposer d’un compte bancaire dans l’UE et in fine de travailler avec des clients européens, après l’e-residency donc l’Estonie étudie aujourd’hui sérieusement la possibilité de lancer sa propre crypto-monnaie nationale, lointain dérivé du Bitcoin et d’Ethereum.

estcoin-estonie-estonia-crypto-currency

Le projet, mentionné sur un billet publié sur la plate-forme de blogging Medium par Kaspar Korjus, responsable du programme e-residency, a d’ailleurs déjà reçu le soutien de Vitalik Buterin le fondateur d’Ethereum.

Pour Kaspar Korjus, contrairement au Bitcoin, actuellement très prisé par les réseaux criminels (notamment pour le paiement de “ransomware”), l’un des avantages (et peut-être serait-on tenté de dire, la limite…) de l’Estcoin c’est que cette crypto-monnaie ne pourrait pas être utilisée pour des activités illégales étant donnée qu’elle sera surveillée par un gouvernement.

  • A ce jour 22 000 e-residents estoniens originaires de 138 pays sont enregistrés dans le cadre de ce programme.

Amazon, application mobile préférée des 18-34 ans

Selon le rapport annuel du cabinet américain comScore sur l’utilisation de applications mobiles aux Etats-Unis, les mobinautes “millennials”, c’est-à-dire cette population âgée de 18 à 34 ans, à qui il était demandé de choisir les trois applications les plus utiles ont désigné Amazon, comme grand vainqueur (avec 35% de réponses) de la catégorie.

 

En revanche, dans ce palmarès, un nom brille… par son absence c’est celui de Snapchat, dont les filtres et qui sait peut-être aussi le traitement de l’information sur ce réseau social peine à convaincre les mobinautes.

Voici le classement.

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Dans étude, dont un résumé est disponible ici, comScore dégage par ailleurs plusieurs lignes de force propres à l’utilisation des applications chez les 18-34 ans. S’ils ne peuvent pas, c’est un fait acquis, se passer d’Amazon, ce sont aussi des experts en “curation”, cette pratique qui consiste à effectuer une veille sur un domaine d’activité donné puis à sélectionner l’information considérée comme pertinente avant de la proposer de façon claire et organisée à une audience cible.

Autre point, ils détestent les envois d’information, c’est-à-dire les notifications, en “push”, même s’ils ne prennent pas toujours la peine de les désactiver.

64% d’entre eux ont déjà acheté une application. Et autre élément plutôt amusant, le “millennial” accorde beaucoup d’importance à l’esthétique des choses puisqu’il n’hésitera pas à supprimer une application dont le logo ne lui plait pas…

La mobilisation des livreurs de repas continue contre Deliveroo

Ce mouvement coordonné a commencé dimanche 27 août ; il se poursuit aujourd’hui avec une mobilisation dans quatre grandes ville de France (Paris, Bordeaux, Lyon et Nantes).

 

Nous vous en parlions déjà au début du mois d’août, le colère monte dans les rangs des livreurs de repas (auto-entrepreneurs) qui travaillent pour le groupe Internet britannique Deliveroo.[/highlight]

Ces “livreurs-partenaires” comme les appellent Deliveroo, et surtout les plus anciens d’entre eux, protestent contre la nouvelle grille de rémunération mise en place par le groupe Internet et qui entre symboliquement en application ce lundi 28 août 2017.

A la base du mécontentement, l’abandon des contrats payés à l’heure pour des contrats payés à la course qui seraient beaucoup moins lucratifs pour les livreurs, ce que dément Deliveroo. Autre point de friction, la remise en cause unilatérale de certains avantages (comme les minimum garantis ou la prime de pluie).

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Un modèle économique bancale

Soutenu par la CGT et SUD, le mouvement tente d’inciter les livreurs à rejoindre des collectifs locaux, seul moyen selon l’article 60 de la Loi Travail, pour les travailleurs indépendants d’enter “dans un mouvement de refus concerté de fournir leurs services”, sans s’exposer sauf abus, à des sanctions ou à une rupture de contrat… de prestation de services.

De son côté, Deliveroo qui a déjà levé, depuis sa création en 2012, près de 475 millions de dollars (auprès d’une douzaine d’investisseurs dont DST Global, ce fonds russe omniprésent dans l’économie Internet) n’a toujours pas trouvé de modèle économique viable.

Marhub, DoNotPay, ces chatbots qui viennent en aide aux réfugiés

Au-delà des applications et des sites Internet déjà disponibles mais pas toujours très bien mis à jour (comme Refugee.info, Migration Aid, Refugermany ou RefAid (dont nous vous parlions déjà au printemps), des chatbots (des programmes de questions-réponses reposant sur de l’intelligence artificielle) sont désormais utilisables pour permettre notamment aux réfugiés de dé-dramatiser et de préparer au mieux les procédures de demande d’asile, en Europe, mais aussi en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada. 

 

Le premier de ces programmes s’appelle DoNotPay, drôle de nom pour un chatbot destiné à faciliter la préparation d’une procédure de demande d’asile… Mais, c’est normal car à l’origine, DotNotPay, un chatbot créé par un étudiant de l’université de Stanford (Californie) Joshua Browder, avait pour vocation première de contester les PV de stationnement puis d’aider les personnes dans le besoin à trouver un hébergement d’urgence.

Désormais disponible sur Facebook Messenger, DoNotPay fournit aujourd’hui une aide juridique aussi précieuse que gratuite aux réfugiés qui souhaitent faire une demande d’asile en Grande-Bretagne mais aussi aux Etats-Unis et aux Canada.

Pour ne rien laisser au hasard, Joshua Browder collabore en permanence avec des avocats de chacun des pays concernés ainsi qu’avec des ex-demandeurs d’asile c’est-à-dire avec des réfugiés dont la demande d’asile a été acceptée.

Confidentialité des données

Le chatbot fonctionne de la manière suivante: il demande dans un premier temps à la personne réfugiée de répondre à une batterie de questions pour déterminer quel est précisément l’exemplaire à remplir et si le ou la candidat(e) est bien éligible à la protection d’une demande d’asile sous le régime du droit international.

A noter: une fois les informations transmises et les formulaires remplis et envoyés les données sont détruites des serveurs informatiques qui hébergent le programme dans les 10 minutes qui suivent la formulation de la demande d’asile. Disponible en Anglais, DotNotPay devrait prochainement être disponible en langue Arabe.

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Le second chatbot dont nous souhaitons parler aujourd’hui se nomme MarHub, et il est encore à l’état de projet, la version finale étant attendue pour le mois de novembre, en partenariat avec RefuComm, une organisation de terrain.

Le chatbot sera dans un premier temps lancé sur Facebook Messenger puis sur WhatsApp tout en gardant bien à l’esprit que si la plupart des réfugiés disposent d’un smartphone leur consommation de datas n’est dans la très grande majorité des cas pas illimitée.

MarHub a été développé par un groupe d’étudiants de l’université de Berkeley (Californie). Ce programme a pour objectif d’aider les réfugiés a formulé une demande d’asile en Europe, et à rendre aux yeux des réfugiés cette procédure de demande d’asile suffisamment réaliste et pour qu’ils ne tombent pas par impatience ou par désespoir dans les mains des mafias, des passeurs et des contrebandiers.

Se poser... et répondre aux bonnes questions

L’idée est d’aider les réfugiés à préparer dans les meilleures conditions les entretiens de demande d’asile en leur expliquant tout à la fois le contexte, le pourquoi et le comment de certaines questions posées et les droits dont ils disposent.

En pratique, dans la plupart des cas, les réfugiés doivent répondre à deux types d’entretiens et souvent ils leur arrivent de confondre les deux. Un premier entretien d’admissibilité demandera par exemple à la personne concernée pourquoi elle a quitté la Turquie, pour déterminer si le cas échéant elle pourrait être renvoyée dans ce pays sans pour autant risquer pour sa vie. Un second entretien vise à déterminer pourquoi la personne concernée a quitté son pays d’origine.

Au terme de la procédure, les utilisateurs du chatbot se verront proposer les conseils d’une assistance juridique et en l’espère non d’un avocat, car les avocats n’interviennent officiellement qu’en cas d’appel ou de rejet d’une demande d’asile. Dans sa première version sera disponible en Anglais et en Arabe.