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Take Eat Easy, un placement en redressement judiciaire difficile à digérer

Après trois levées de fonds et faute de revenus suffisant, le service de livraison de repas à vélo Take Eat Easy annonce avoir été placé en redressement judiciaire.

 

Si la nouvelle a fait l’effet d’une bombe, c’est avant tout un véritable coup dur pour les 4 500 coursiers indépendants qui travaillaient pour la start-up, et dont certains risquent d’attendre longtemps le règlement de la leur prestation du mois de juillet 2016.

Une déception également pour les 3 200 restaurants partenaires du service, dont certains reprochent aux dirigeants de Take Eat Easy de les avoir prévenu, et de facto laisser tomber, à la toute dernière minute.

« Depuis huit semaines, nous avons désespérément essayé de trouver des solutions pour rester debout », explique dans un billet posté sur Medium, Adrien Roose, l’un des quatre co-fondateurs de l’enseigne de livraison de repas à domicile Take Eat Easy. Mais trois levées de fonds réalisées en 2014 et 2015 pour un montant avoisinant les 16 millions d’euros, la start-up en mal de chiffre d’affaires a été placée il y a quelques jours en redressement judiciaire. 

Fort de ses différentes levées de fonds, Take Eat Easy avait embauché en interne 160 collaborateurs et était présent dans une vingtaine de villes en Europe (dont Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, Toulouse, Rennes et Strasbourg pour la France). Avec ce placement en redressement judiciaire c’est l’un des concurrents d’Allo resto, Deliveroo, Foodora, ou UberEats qui risque de disparaître.

4 500 coursiers prévenus à la dernière minute

Une probable cessation d’activité qui plonge dans un profond désarroi certains des 4 500 coursiers indépendants qui risquent de se retrouver sans le sou, ou à tout le moins de voir amputer une grande partie de leurs revenus, pour ne pas parler de ceux qui ne seront probablement pas payer pour les prestations de ce mois de juillet 2016.

Des milliers de coursiers, non pas salariés, mais auto-entrepreneur… car même en ayant levé 16 millions d’euros (soit 18 millions de dollars) certaines start-up ne se privent pas de faire reporter une grande partie des risques économiques et financiers sur des bataillons de prestataires (souvent précaires).

Dans un autre billet intitulé « Les mots justes pour vous dire au revoir », et également publié sur la plate-forme Medium, Chloe Roose, autre co-fondatrice (avec Adrien Roose, Karim Slaoui, et Jean-Christophe Libbrecht) de Take Eat Easy, remercie en ces mots les livreurs travaillant pour l’enseigne: « Nous ne vous remercierons jamais assez (…) « Vous, coursiers, pour votre énergie, le service irréprochable apporté à nos clients, et vos livraisons toujours avec le sourire. Vous êtes les meilleurs, et avez été l’âme de Take Eat Easy dès le premier jour. »

TakeEatEasy

Des coursiers qui à l’instar de Nicolas Clg, vice-président du collectif des coursiers à vélo francilien, décrit ainsi sa situation dans les colonnes du site Rue89: « À 9h du mat je me réveille. Je me gratte les couilles. Je vois que je suis convoqué à 9h30 à une réunion chez Take Eat Easy. À 9h40, j’apprends que je ne serai pas payé pour le mois de juillet et que la boîte est en cessation de paiement. »

"On ne vous pleurera pas"

Et sur Facebook, pour le responsable du restaurant Booba Mara, l’un des 3 200 établissements partenaires de Take Eat Easy, « Les mots justes pour vous dire au revoir » de Chloe Roose, se transforment en un « Les mots justes pour te dire merde ».

« Hier encore nous recevions des commandes sur Take Eat Easy. Hier encore des livreurs pédalaient pour vous livrer vos plats. Nous ne serons jamais payés des commandes du mois de juillet (900€ de manque à gagner). Les livreurs ne serons jamais payés de leur mois de juillet non plus. Et nous l’avons tous appris… aujourd’hui, le 26 du mois », explique le restaurateur. 

« Pourquoi avoir laissé le mois entier s’écouler ? Pourquoi avoir continué à encaisser jusqu’à la dernière minute sur le dos des livreurs – qui sont tous dans des situations précaires – tout en sachant que vous alliez les planter ? Pourquoi avoir volé des restaurants qui sacrifient leur marge pour faire face en travaillant avec vous ? », s’interroge-t-il.

Avant de conclure: « Ce que vous avez fait là, ce n’est pas fair-play, c’est un coup dans le dos. Vous avez cramé 6 millions d’euros en un an et avec tout ça, vous n’avez pas su anticiper pour éviter de voler un mois de travail aux plus faibles. On ne vous pleurera pas. »

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Une réponse

  1. Ben oui, il parait que c’est ringard d’être salarié, que l’avenir est à l’auto entreprise…. Ben oui il a fallu un siècle pour avoir un code du travail, dix ans pour le supprimer, avec les applaudissements des  »d’jeunes » contre les vieux cons de syndicalistes, et bien démerdez vous maintenant !
    Signé : un vieux militant qui plus est, coursier 2RM et défenseur syndical
    PS syndiquez- vous chez qui vous voulez, mais syndiquez-vous !

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