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La Californie veut contraindre Uber à requalifier “ses” chauffeurs en salariés

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Les deux leaders du marché des VTC aux Etats-Unis, Uber et Lyft vont peut-être devoir plancher sur un nouveau modèle économique. 

 

La “gig economy”, l’économie des employés indépendants (celle des Uber, Deliveroo, et autres Just Eats ou Foodora), l’économie de ceux qui travaillent aujourd’hui sans protection ni garanties, cette économie est-elle en train de tanguer?

Ils ont dépensé des dizaines de millions de dollars pour que tout cela n’arrive pas. En vain.

L’Etat de Californie vient de faire adopter et de ratifier une loi qui devrait à terme imposer à Uber et à Lyft (son concurrent direct sur le marché américain) de requalifier les chauffeurs avec lesquels ils travaillent actuellement, en salariés.

“Cette loi va aider à résoudre le problème de statut des travailleurs considérés comme des “sous-traitants” et non comme des salariés, ce qui les empêche de bénéficier des protections sociales de base, comme le salaire minimum ou l’assurance maladie”, a déclaré, lors de la signature de la loi, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom.

“L’étape suivante, c’est de faciliter la formation de syndicats qui pourront négocier ensemble de meilleures conditions de travail (…) tout en préservant la flexibilité et l’innovation”, a ajouté Gavin Newsom.

Sitôt connue la nouvelle, l’action de Lyft chutait de 4 % et celle de Uber perdait 1 % à Wall Street.

Uber-Lyft

Ce nouveau cadre législatif est potentiellement un coup très dur pour un groupe comme Uber, qui a perdu près de 5 milliards de dollars au dernier trimestre, car ce texte devrait amener Uber à dépenser beaucoup plus en charges sociales qu’il ne le fait aujourd’hui.

“Nous pensons que la Californie passe à côté d’une réelle opportunité de montrer la voie au reste du pays”, a indiqué un porte-parole d’Uber, cité par l’AFP.

Selon lui, Uber défend depuis des mois “un nouveau cadre de travail progressiste, qui aurait, pour la première fois, accordé aux travailleurs indépendants des garanties de salaire minimum, l’accès aux protections sociales et le droit de s’organiser entre eux”.

Toutefois, selon Uber le nouveau texte ne devrait pas pas une requalification automatique de ses conducteurs en employés.

Il faudra passer un test “pour déterminer si un travailleur est qualifié d’indépendant ou d’employé” aux yeux de la loi, a défendu Tony West, le directeur juridique d’Uber.

Uber et Lyft affirment avoir mis de côté 30 millions de dollars chacun pour organiser un vote populaire, comme l’autorise la loi californienne, afin de remplacer cette loi par les compromis de droits sociaux qu’ils ont présentés au gouverneur.

“Nous sommes prêts à soumettre cette question aux citoyens pour préserver la liberté et l’accès que les conducteurs et les passagers désirent”, a déclaré Lyft.

Uber, Lyft et tous les acteurs de la “gig economy” ont décidément une vision très particulière du progrès social. 


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