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iTunes, chronique d’une mort annoncée

 

A l’occasion de la conférence WWDC qui se tenait lundi 3 juin 2019 à San Francisco, les dirigeants d’Apple ont annoncé la désactivation prochaine, sur les ordinateurs de la marque, de ce logiciel emblématique lancé en 2001.

 

Exit iTunes. Après 18 ans de bons et loyaux services, ce logiciel, qui fut un symbole et un accélérateur de la digitalisation des biens culturels, va tirer sa révérence cet automne.

A tout le moins sur les ordinateurs Apple (iMac, MacBook, MacPro). Il devrait rester accessible dans le monde PC.

L’annonce a été faite à l’occasion de la conférence WWDC , lundi 3 juin 2019 à San Francisco.

iTunes-Apple-Catalina

En pratique, à partir de la prochaine mise à jour du système d’exploitation d’Apple, macOS 10.15 (nom de code : « Catalina »), la gestion des contenus multimédias, jusqu’ici prise en charge par iTunes, sera remplacée par trois logiciels: Apple Music, Apple TV et Apple Podcast.

Les contenus autrefois gérés sur iTunes (téléchargés ou achetés) resteront accessibles.

La fin programmée d’iTunes, un programme très fortement concurrencé ces dernières années par la montée en puissance des services de streaming (notamment musical) comme Spotify ou Deezer, marque l’avènement de ce que l’essayiste américain Jeremy Rifkin qualifiait dès 2000 d’âge de l’accès, dans son livre éponyme sous-titré, « la nouvelle culture de l’hyper-capitalisme, un monde où il faut payer pour vivre ».

Et de fait, les biens culturels ne sont plus aujourd’hui vus comme des biens patrimoniaux que l’ont se transmet de génération en génération.

Marchandisation extrême de la culture

Les contenus culturels sont réduits au rang de purs biens de consommations auxquels il est possible d’accéder de manière temporaire, à condition d’en avoir les moyens financiers.

Par ailleurs, s’il peut sembler aisé à un consommateur de dépenser 10 euros par mois (soit 120 euros par an, auxquels viennent s’ajouter l’abonnement à un ou des services de VOD, de téléphone mobile, d’accès internet, de chaines de télévision payantes…), pour accéder à un catalogue de plusieurs dizaines de millions de références musicales, ce même consommateur serait bien inspiré de se demander combien, au final, touchent les artistes dont il écoute les morceaux.

Et aujourd’hui, la réponse tient en deux mots: « presque rien ».

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A Marissa Mayer, les actionnaires de Yahoo! reconnaissants

En cinq ans à la tête de Yahoo! Marissa Mayer, qui quitte aujourd’hui la direction du groupe Internet, aura réussi tout à la fois à enterrer définitivement l’une des grandes aventures de l’Internet et à revendre (non sans peine) l’entreprise au groupe de télécommunications américain Verizon, pour 4,5 milliards de dollars. Retour sur un jackpot aux allures de fiasco pour les actionnaires de Yahoo! qui de la mi-juillet 2012 (date de la nomination de Marissa Mayer) à son départ acté cette semaine, ont vu le cours du titre du groupe Internet passé de 15 à… plus de 52 dollars.

 

En juillet 2012, Marissa Mayer avait été nommé à la tête de Yahoo! pour sortir le groupe Internet de sa léthargie ; en juin 2017 elle quitte (enfin) la direction de Yahoo! après avoir très largement contribué à la disparition prochaine de ce qui fut l’une des marques les plus emblématiques de l’Internet pré-Google au milieu des années 90 (du siècle dernier…).

Le passage de Marissa Mayer restera donc comme un échec marquant pour celle qui quand elle était chez Google avait notamment travaillé à la création de services comme Gmail, Google Maps, ou bien encore de la très dépouillée et universellement connue page d’accueil blanche du moteur de recherche.

Un chèque de départ de 209 millions de dollars

Marissa Mayer à la tête de Yahoo!? ou l’histoire d’un échec marquant mais dans le même temps des plus lucratifs si l’on considère que la dirigeante quitte aujourd’hui le groupe Internet (ou ce qu’il en reste) avec dans la poche un chèque de… 209 MILLIONS DE DOLLARS (soit un « parachute doré » de 23 millions de dollars, 84 millions de dollars de stock-options, 25 millions de dollars d’actions gratuites et 77 millions de dollars d’actions Yahoo! c’est-à-dire 1,6 million de titres de l’entreprise).

Yahoo-Marissa-Mayer

Alors comment expliquer une telle « prime à l’échec »? Essentiellement, outre les talents de négociatrice reconnus de Marissa Mayer par le fait qu’entre la mi-juillet 2012 – période de son arrivée – à la mi-juin 2017, date de son départ, le cours du titre Yahoo! à la bourse de New York est passé de 15 à 52 dollars…

En revanche, si l’avenir de Marissa Mayer est aujourd’hui plus qu’assuré, celui de Yahoo! l’est beaucoup moins, voire ne l’est plus du tout. En effet, Marissa Mayer a réussi à vendre Yahoo! à l’opérateur de télécommunications américain Verizon, pour un montant de 4,5 milliards de dollars (moyennant un rabais de 300 millions de dollars faisant suite aux révélations il y a quelques mois d’une cyber-attaque géante ayant affecté en 2013 et 2014 1,5 milliards de comptes d’utilisateurs).

Concrètement, Verizon rachète ce qui constitue le coeur de métier de Yahoo! (portails Internet, mails…) pour fusionner, ces activités (sous la houlette de l’inénarrable Tim Armstrong) avec ce qu’il reste d’AOL, cette nouvelle entité étant très prochainement rebaptisée Oath.

Suppression de plusieurs milliers d'emplois

Par ailleurs, la cotation du titre Yahoo! (YHOO) sera suspendue le 16 juin 2017 et reprendra le 19 juin 2017 sous le signe AABA (pour Altaba)? Cette appellation correspond en fait à une nouvelle structure (Altaba Inc.) regroupant les investissements encore détenus par feu Yahoo! dans le géant du commerce en ligne et de l’Internet chinois Alibaba.

marissa-mayer-ex-pdg-yahoo

La fusion Yahoo! / AOL débouchant sur la création de Oath devrait pour sa part entraîner la suppression de plusieurs milliers d’emplois.

Au final, le passage de Marissa Mayer à la tête de Yahoo! restera symptomatique de deux échecs patents. Tout d’abord de son incapacité à valoriser une base de plus d’un milliard d’utilisateurs actifs par mois, en ne parvenant notamment pas à faire entrer Yahoo! dans l’ère du mobile (le groupe Internet tirant toujours aujourd’hui, en 2017, 77% de ses revenus de ses utilisateurs PC…).

Ensuite, Marissa Mayer aura marqué Yahoo! de son empreinte en ce qu’elle fut incapable de valoriser (et le mot est faible) la boulimie d’acquisitions dans laquelle elle a entrainé le groupe Internet quand elle le dirigeait. Souvenons-nous simplement ici du rachat de la plate-forme Tumblr pour plus de 1,1 milliard de dollars.